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Affaire Perdriau : chute spectaculaire de l’ex-maire de Saint-Étienne, condamné lourdement

Un scandale politico-judiciaire secoue la Loire. L’affaire de la sextape qui a éclaboussé la mairie de Saint-Étienne trouve son dénouement judiciaire avec des sanctions d’une rare sévérité pour un élu local. La justice a tranché dans cette affaire de manipulation et de détournement de fonds publics qui a révélé les coulisses troubles du pouvoir municipal.

Une peine exceptionnelle pour l’ex-édile stéphanois

Gaël Perdriau, 54 ans, n’exercera plus de mandat électif avant longtemps. L’ancien premier magistrat de Saint-Étienne a été condamné à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre ans ferme, assortis d’un mandat de dépôt immédiat.

La cour d’appel n’a manifesté aucune clémence : une interdiction de se présenter à toute élection pendant dix ans complète cette sanction. Une chute spectaculaire pour celui qui dirigeait la ville depuis des années.

Un stratagème orchestré contre son premier adjoint

Les magistrats ont établi la participation de l’ancien maire à un complot visant Gilles Artigues, son bras droit de l’époque. Ce dernier commençait à s’éloigner politiquement de la ligne imposée par Perdriau.

Pour le museler, une vidéo intime a été filmée en janvier 2015 dans un hôtel parisien. Ce piège grossier devait servir d’instrument de pression sur l’élu récalcitrant.

Des fonds publics détournés pour alimenter le chantage

La justice a démontré que de l’argent public avait été utilisé pour financer cette opération de chantage. Une circonstance aggravante qui témoigne de la dérive d’un système municipal gangrené par les abus de pouvoir.

Les comparses lourdement sanctionnés

Samy Kéfi-Jérôme, ancien adjoint à l’Éducation et réalisateur de la vidéo compromettante, écope de trois ans de prison ferme. Son rôle actif dans l’enregistrement des images lui vaut cette condamnation sans aménagement.

Gilles Rossary-Lenglet, ex-compagnon de Kéfi-Jérôme et cerveau du stratagème, a vu sa peine réduite en appel à deux ans ferme. Pierre Gauttieri, ancien directeur de cabinet, purge quant à lui une peine de deux ans ferme prononcée en première instance, n’ayant pas contesté ce jugement.

Un innocent autoproclamé face à la justice

À l’énoncé du verdict, Gaël Perdriau n’a pas caché sa colère. « Madame, vous venez de condamner un innocent », a-t-il lancé à la présidente de la cour d’appel.

L’ancien édile persiste à nier toute implication personnelle. Il rejette l’entière responsabilité sur ses trois anciens collaborateurs, qu’il présente comme les seuls architectes de ce chantage.

L’enquête déclenchée par une révélation médiatique

C’est Mediapart qui a fait éclater le scandale en 2022, révélant l’existence de cette vidéo et du chantage exercé pendant des années. Cette investigation journalistique a provoqué l’ouverture d’une enquête judiciaire et la chute politique de Perdriau.

L’affaire illustre les dérives possibles dans l’exercice du pouvoir local et les méthodes parfois employées pour maintenir une loyauté politique. La sévérité des peines prononcées marque la volonté de la justice de sanctionner fermement ces pratiques.

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